Livres collectifs



Récits du Monde, récits de l'homme



PRESENTATION GENERALE DE L'ART DU COMPRENDRE N°17



Introduction : 

Le Monde est objet de récits, petits ou grands, certains de fondation, d’autres qui dessinent, voire justifient, une histoire totalisée de l’homme. Depuis des millénaires, la culture des peuples autant que les différentes civilisations semblent bien reposer sur des narrations qui les constituent ou accompagnent leur destinée. La question du récit pose celle des rapports entre ouverture et recueil du sens, fabrication et circulation des signes. Des mythes premiers au déploiement de la raison, l’activité narrative de l’homme n’a cessé d’être l’objet du questionnement philosophique, de Platon à Vico, de Hegel àWittgenstein ou Ricœur. Qu’est ce qu’un Récit ? À quelles conditions doit-il répondre pour faire sens et prospérer ? Comment penser Récit et Histoire ? D’une productivité signifiante et créatrice de liens à la raison conceptuelle ou seulement instrumentale, que s’est il joué ou perdu ? L’horizon présent ne propose plus guère de figures héritées d’une symbolisation commune et indiquant une tâche à poursuivre. L’absence, l’éclatement ou l’incertitude sont plutôt la règle des différents discours. Ce retrait des trames collectives témoigne-t-il d’un épuisement de la pensée ou, au contraire, consacre-t-il une victoire libératrice de la transparence de l’esprit ? À l’orée du XXIe siècle, où se profile un certain nihilisme, les liens qu’instituaient les « Récits du Monde » sont devenus hautement problématiques. Quels seraient dès lors les récits où des hommes à d’autres hommes racontent et se retrouvent, d’où ils peuvent prendre source et véhiculer l’essentiel d’un sens ? Le débat est ouvert.


Sommaire : 


Structure, limites, fonction des " récits du Monde " par Claude-Raphaël Samama
Les récits de la création : entre le Songe et le Chiffre par Jean-Pierre Luminet
Le Déluge en acte parmi nous par Michèle Bompard-Porte
Les singularités de l'exposition de la philosophie de l'histoire dans l'Encyclopédie de Hegel par Jacques D'Hondt
La pensée romaine de l'histoire par Antoinette Novara
Le " juste pas " historique de Rome dans la pensée de Giambattista Vico par Pierre Girard
L'histoire et les grands hommes selon Carlyle par René Daval
Jacob Burckhardt, ou l'histoire sans clôture narrative par Thibault Isabel
Orientation, sociétés, différences : une perspective sur l'histoire entre Vico et Labriola par Raffaele Carbone
Sociologie et dynamique historique : la guerre chez Durkheim par Irène Eulriet
Le " monde " et sa narrativité. Le fictif et le réel par Angèle Kremer-Marietti
Genèse, place et destin d'un récit biblique : le livre de Josué par Stéphane Encel
Récit de rêve et herméneutique des raisons. Wittgenstein avec et contre Freud par Christiane Chauviré
L'occultation en philosophie ou les secrets du monde. Thèses par Bruno Pinchard
Le temps des cendres touche à sa fin. Futur antérieur et présent irréversible chez Pier Paolo Pasolini par Piergiorgio Bianchi
Puissance fabulatrice et configurations du Monde et de l'homme par Philippe Forget







Jacob Burckhardt, ou l’histoire sans clôture narrative. T. Isabel.


Jacob Burckhardt (1818-1897), comme auteur, est à l’image de ce qu’il fut dans la vie : un homme discret. On ne se souvient en général de lui, en France et dans la plupart des pays, que comme un historien érudit, qui aurait influencé le jeune Nietzsche dans la genèse de ses idées. Mais on oublie que Burckhardt, à travers les traités d’histoire qu’il nous a laissés, fut aussi un penseur remarquable, dans la veine des plus grands moralistes classiques. Sa conception de la vie était en fait très inspirée par Schopenhauer, dont il avouait en privé avoir beaucoup appris ; mais il eut la force et l’originalité de s’en affranchir à nombre d’égards, au point effectivement de frayer la voie à une authentique philosophie dionysiaque, qu’à sa suite Nietzsche saura élaborer.

Burckhardt appartenait à une illustre famille suisse, installée à Bâle depuis des générations. Fils d’un éminent pasteur, il devint lui-même un professeur d’histoire de l’art réputé, et fut courtisé par les plus prestigieuses universités allemandes. Mais il resta toujours fidèle à la modeste chaire qu’il occupait dans sa ville d’origine, se défiant par-dessus tout des honneurs du monde.

C’est que Burckhardt a presque toujours été un intellectuel pessimiste et désabusé. Il céda certes dans un premier temps à un certain optimisme juvénile. En 1842, il écrivait dans sa correspondance : « Nous devons être encore plus ouverts, encore plus sincères, de manière à ce que, sur les ruines des vieux États, l’amour établisse peut-être un nouvel empire. » Cet enthousiasme conduisit Burckhardt à s’investir dans la politique bâloise, au retour de ses études en Allemagne ; il milita au sein d’une guilde, et fut le rédacteur en chef d’un journal conservateur, le Baseler Zeitung. Mais il abandonna bien vite ses ambitions, et retourna à l’enseignement, qui fut pour lui, selon ses propres mots, une joie intense et ininterrompue, tout au long de sa vie. Burckhardt demeura un citoyen engagé, dont les avis étaient écoutés et respectés, mais il cessa de croire à l’efficacité d’une action purement politicienne. En outre, son tempérament détaché était probablement incompatible avec l’exercice de responsabilités municipales ou parlementaires. En 1846, il écrivait à un ami : « La liberté et l’État n’ont pas beaucoup perdu en importance, à mes yeux. Mais, avec des hommes comme moi, on ne construit pas un État. […] J’ai maintenant suffisamment de compétences et d’expérience pour occuper des fonctions politiques, même importantes, en cas de nécessité, mais je ne souhaite plus participer à tout cela… » Burckhardt, malgré le dégoût que lui inspiraient les nations occidentales modernes, a toujours regardé le tumulte révolutionnaire avec un certain effroi, persuadé que, dans les temps difficiles, la haine ne fait que répondre à la haine et que les bonnes intentions affichées par les insurgés cachent en général des motivations nettement moins avouables ; il préférait pour sa part se livrer à un travail de fond, afin de maintenir vivante la « culture de la vieille Europe » et faire en sorte qu’elle soit toujours disponible lorsque la crise serait passée.

Mais la crise dura longtemps, et Burckhardt n’en vit jamais le bout. Il assista au fil des ans à l’expansion de l’esprit marchand qui lui paraissait signer la mort de la civilisation véritable, telle qu’elle avait pu fleurir, avec déjà beaucoup d’ambivalence, il est vrai, à l’époque de la Grèce antique et de la Renaissance. En 1867, il écrivait donc : « S’il doit cependant y avoir quelque bonheur au creux de notre infortune, il ne peut s’agir que d’un bonheur intellectuel, qui nous ferait méditer sur le salut de la culture en des ères antérieures et qui nous représenterait en esprit un avenir brillant et pur, même si nous sommes plongés par ailleurs dans une époque entièrement réduite à sa dimension matérielle. » L’inquiétude principale de Burckhardt touchait à la préservation de la culture dans un monde massifié, où le progrès technique, au lieu d’élever l’homme vers ce qu’il comporte potentiellement de plus noble, l’asservirait à ses pulsions les plus immédiatement intéressées et les plus bestiales.

Burckhardt, s’il méprisait particulièrement son temps, s’abstenait néanmoins de toute fascination mélancolique pour le passé. Esprit d’une lucidité et d’une probité remarquables, qui plaçait précisément dans cette lucidité et cette probité les vertus fondamentales d’un individu adulte et développé, il tâchait de cerner, en chaque siècle, ce que les hommes comportent de défauts et de qualités. Burckhardt, au dire de Nietzsche, qui fut son élève à l’université, était de ceux « qui se tiennent sur la réserve, par désespoir ». Il lui manquait, disait un peu plus tard Erwin Rhode, « la force de nourrir une illusion salutaire ». Mais Burckhardt n’était pas désespéré. Il n’invitait pas à l’inaction, mais à une action prudente, réfléchie et raisonnable. Il considérait que la grandeur d’un peuple tient d’abord au degré d’enracinement de la culture, et qu’il n’y a d’entreprise plus grande et plus fructueuse que d’enseigner, envers et contre tout – fût-ce seulement à une petite communauté de disciples. L’esprit, parce qu’il est la fleur la plus belle de la civilisation, doit être préservé dans les moments les plus sombres et faire office de liant entre les générations ; c’est lorsque tout va mal qu’il devient le plus urgent de penser, pour faire en sorte que rien de ce qui s’est fait autrefois ne soit perdu : l’avenir doit encore pouvoir s’enrichir de son passé, et s’en servir comme d’un terreau, pour germer.

L’état d’esprit de Burckhardt ne fut pas sans incidence, on s’en doute, sur sa conception de l’histoire. Pour lui, le cours des choses ne répond nullement à une raison profonde, à un esprit caché, comme l’affirme Hegel dans sa philosophie, alors au sommet de sa popularité. On ne saurait souscrire à une quelconque théodicée qui viendrait révéler une finalité fatale à l’œuvre dans toute évolution.

Du point de vue hégélien, le développement de l’Esprit dans le monde réside dans la prise de conscience par l’Esprit lui-même de sa propre liberté et dans la réalisation conséquente de celle-ci, sous la forme d’une progression graduelle. L’Idée, du fait de sa nature mobile, changeante, assume des déterminations successives qu’elle dépasse les unes après les autres, atteignant sans cesse des déterminations plus positives et plus concrètes. Elle s’aliène dans l’histoire, puis fait retour sur elle-même à travers l’art, la religion et la philosophie, jusqu’à devenir pleinement consciente de son parcours et se comprendre alors comme cheminement dialectique. L’Esprit en-soi a accédé au pour-soi. L’histoire culmine par conséquent, selon une interprétation classique, mais discutée, avec la philosophie de Hegel elle-même, qui subsume les contradictions de l’Esprit en développement et les intègre dans le cours d’une nécessité où les antinomies sont surmontées. L’avènement de cette philosophie correspond en fait politiquement à l’avènement de l’État moderne, qui actualise enfin la liberté contenue à l’état virtuel dans l’Esprit. La théorie hégélienne de l’histoire offre en définitive l’image d’un processus constant, qui connaît certes en apparence des tours et des détours, en raison même de sa nature dialectique, mais qui avance toujours sur la voie d’une réalisation effective de la perfection.



Quelques liens




Téléchargement au format word d'un extrait de chacune des contributions figurant dans l'ouvrage.


Mais aussi les autres contributions de l'ouvrage:

Thibault Isabel livres



Entretiens avec des hommes remarquables, Editions Alexipharmaque



Thibault Isabel livres
Recueil d'entretiens réalisés par le Cercle Curiosa, avec Luc-Olivier d'Algange, Christian Bouchet, Klaus Charnier, Francis Cousin, Alexandre Douguine, Michel Drac, Arnaud Guyot-Jeannin, Thibaut Isabel et Laurent James. Préface : Alain de Benoist .

Notre époque, que certains qualifieront de postmoderne souffre d'un cruel manque d'attention. Ère vaporeuse et spectaculaire, stroboscopique, aliénée et aliénante, ou tout s'entrechoque dans un chaos d'images, de concepts, d'identités et de croyances. Afin de s'adapter à cette frénésie, l'Homo Occidentalis horizontalise son rapport au monde pour mieux le saisir, il s'aplatit devant l'horizon, entraînant avec lui le reste de l'humanité. Parce qu'il s'inscrit lui aussi dans son époque, ce présent ouvrage ne propose pas de solution de redressement mais un kaléidoscope d'idées nouvelles, ou parfois anciennes, en tous les cas d'autres regards. Le Cercle Curiosa se veut avant tout un des multiples représentants de cette très ancienne tradition Européenne qu'est la pensée critique. Il propose de donner la parole à ceux que l'époque oublie, sciemment ou non. Les participants à ce recueil d'entretiens explorent bien des domaines ; ils sont des politiques, des mystiques, des philosophes, et avant tout des poètes. Á travers leurs styles particuliers, ils manifestent une volonté commune de réenchanter le monde et renouent avec l'ancienne lumière de l'Être qui s'est perdue. C'est en cela qu'ils sont remarquables.





Article "Pensée rebelle" paru dans Eléments n°147


"Toute époque a son idéologie dominante, mais toute idéologie dominante a aussi ses dissidents. En voici neuf, à qui les jeunes éditions Alexipharmaque ont eu la bonne idée de donner la parole. 

Ce qui les distingue est au moins aussi important que ce qui les rapproche. Ils ont une commune aversion pour une société peuplée d'"esclaves à qui l'on donne des loisirs" (Thibault Isabel), où "tout ce qui est touché par l'argent est intérieurement subverti" (Alexandre Douguine), bref une société qui représente l'"apothéose démocratique du spectacle du fétichisme marchand" (Francis Cousin). 

Mais le contre-univers qu'ils lui opposent revêt chez chacun d'eux des couleurs bien différentes. Les uns ont la nostalgie du Roi, les autres rêvent de l'Empire. Certains se réfèrent à Marx, d'autres à Proudhon ou à René Guénon. Le détachement de l'Anarque côtoie l'appel à la révolution prolétarienne. Recours à la métaphysique et rejet de la métaphysique, projets politiques et refus de la politique, on trouvera tout cela dans ces pages. Mais c'est précisément ce qui en fait l'intérêt. On voit par là qu'il n'y a pas de conformisme de l'anticonformisme, du moins chez ceux qui s'expriment dans cet ouvrage. Aux noms déjà cités s'ajoutent ceux de Luc-Olivier d'Algange, Christian Bouchet, Michel Drac, Laurent James, Arnaud Guyot-Jeannin et Klaus Charnier. Dans le silence assourdissant de la société du non-sens, ce sont autant de voix solitaires qu'il ne faut pas seulement entendre, mais aussi écouter. Que l'on se sente ou non d'accord avec elles, est de peu d'importance. Cela rassure déjà de se dire qu'on peut encore penser à contre-courant."

Alain de Benoist




L’Occident broyé par le turbo-capitalisme
Entretien avec Phil François, Président du Cercle Curiosa :
Réalisé par Nicolas Gauthier, publié sur Boulevard Voltaire.



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Dans un monde fait de cycles de plus en plus courts, accélération de l’histoire oblige, le Cercle Curiosa a tenté de défricher quelques pistes d’avenir dans un ouvrage collectif au titre en forme de clin d’œil au philosophe Georges Gurdjieff, Entretiens avec des Hommes remarquables . Phil François, président du cercle en question, fait le point sur cette initiative hors du commun.






L’ouvrage collectif est un genre littéraire périlleux. Vos interlocuteurs s’accordent à dire que le monde va mal, mais ils divergent dès lors qu’il faudrait savoir comment il pourrait aller mieux…

En effet, tous les participants à Entretiens avec des hommes remarquables s’accordent sur l’aspect néfaste du postmodernisme qui se déploie à travers cette nouvelle anthropologie qu’est le turbo-capitalisme. Critique toujours radicale – et non pas « extrême » – et salvatrice, en ce sens que cette radicalité permet de saisir l’égale radicalité de l’objet critiqué. Les solutions proposées divergent, certes ! Marxiste, mystique, impérial ou nihiliste, chaque participant propose des outils pour réparer cette négation du monde se dessinant sous nos yeux, de plus en plus difficile à saisir, tant il semble s’autonomiser des hommes, et contre eux. Mais, comme le note Alain de Benoist, avant les réponses, il faut des questions. Le Cercle Curiosa, en tant que petit groupe de réflexion, se permet encore un moment d’expectative… il en a tant d’autres à poser !



Le titre, Entretiens avec des Hommes remarquables , fait évidemment référence à Georges Gurdjieff, surtout lorsque vos auteurs entendent « réenchanter le monde ». Est-ce le seul fil conducteur de cet ouvrage fabriqué à plusieurs mains ?

Eh bien, n’en déplaise à monsieur Maffesoli, nous n’avons guère l’impression que la postmodernité réenchante le monde ! Via la logique de l’utilitarisme total auquel obéit la nouvelle économie globale, nous assistons en fait à un dessèchement du monde dans ce qu’il a de multiple, d’enraciné. En allant chercher dans la tradition, la religiosité et même la critique marxiste, les auteurs émettent, chacun à leur manière, des idées nouvelles où l’homme retrouve sa place. En somme, ce réenchantement se fera (et nous parions que les intervenants seront d’accord) par une réconciliation entre volonté et mesure. Réenchanter, c’est-à-dire décoloniser l’imaginaire des représentations marchandes, pour que les peuples réapprennent la grâce et se débarrassent de rapports de nécessité toujours plus obsolètes et superficiels. Parce qu’ils n’ont pas oublié que les hommes regardent aussi vers le ciel, ces auteurs semblent s’être donné cette mission. Et c’est déjà bien assez !



Pensez-vous qu’un autre monde puisse être meilleur ou, au contraire, que le pire soit toujours certain ?

À notre humble avis, l’avenir reste ouvert. Les possibilités de l’Occident s’épuisent et il faudra se réinventer, se re-mythifier, retrouver les buts de notre présence au monde. Nous vivons certainement la fin d’un grand cycle historique. Mais la fin d’un cycle en préfigurant un nouveau, c’est certainement en ce sens qu’il faut comprendre les différentes eschatologies… Les apocalypses ne sont-elles pas des révélations ? Ce qu’il nous faut, à nous les hommes d’ici et maintenant, c’est veiller sur cette fameuse flamme de l’être que décrivait Jean Parvulesco dans ses ouvrages. Et puis nous vivons ! Et que faire d’autre que de vivre, c’est-à-dire d’espérer, de se questionner, de se battre et d’aimer malgré tout l’ici-bas avant de partir de l’autre côté ?




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Cette per­cep­tion fé­dé­ra­liste en­ra­ci­née mul­tis­ca­laire pour­rait re­cueil­lir l’as­sen­ti­ment de Thi­bault Isa­bel. Outre des ré­ponses aux di­vers pro­b­lèm­es ac­tuels comme la tech­nique, le pa­ga­nisme au XXIe siècle ou le psy­c­hisme mal­me­né de l’homme mo­derne, il sa­lue l’ac­tua­li­té de l’œuvre de Prou­d­hon. Fé­dé­ra­liste in­té­g­ral avant la lettre, « Prou­d­hon a eu le mé­rite de pen­ser une vé­ri­table al­ter­na­tive au sys­tème de l’argent – et une al­ter­na­tive qui ne se con­tente pas de rem­p­la­cer la ty­ran­nie du com­merce par la ty­ran­nie de l’État. Le sens a be­soin de proxi­mi­té : c’est donc à tra­vers la proxi­mi­té de la vie lo­cale, et en d’autres termes à tra­vers une re­lo­ca­li­sa­tion gé­né­ra­li­sée de la vie (éco­no­mique, po­li­tique, fa­mi­liale et cul­tu­relle), que nous pour­rons réa­c­cé­d­er au sens (p. 142) ». Revue de presse à lire en intégralité sur le site Alexipharmaque.

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LIBER AMICORUM 2 Alain de Benoist




Liber Amicorum 2 - 380 p. - 24,00 €

Cet ouvrage, coordonné par Thibault ISABEL, Rédacteur en chef de la revue Krisis, rassemble des témoignages d'amis récents ou plus anciens d'Alain de Benoist.

Plus d'info



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Un ouvrage à commander sur le site des Amis d'Alain de Benoist ou de la revue Eléments !

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Prix de vente: 24 euros




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REVUE KRISIS





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    Directeur de publication: A. de Benoist / Rédacteur en chef: T. Isabel
  • Articles et entretiens


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Animée par Thibault ISABEL, rédacteur en chef de la revue depuis 2003.



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RDV sur krisisdiffusion.com



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La revue Krisis a été créée en 1988 par Alain de Benoist, qui en est directeur de publication, assisté depuis 2003 de Thibault Isabel à la rédaction en chef. Ils travaillent avec une équipe de collaborateurs, parmi lesquels Marc Orsan et Michel Thibault. Ils bénéficient du soutien actif de l' Association des Amis d'Alain de Benoist, dirigée par Gérard Landry.


Comité Editorial


Pietro Barcellona (Catane)

Franco Cardini (Florence)

Agostino Carrino (Rome)

Jean-Marie Legrand (Paris)

Günter Maschke (Franfort/M.)
Kostas Mavrakis (Paris)
Jerónimo Molina (Murcie)
Paul Piccone (New York †)
Costanzo Preve (Turin †)
Marco Tarchi (Florence)



Le débat intellectuel dans la revue Krisis


La revue krisis a été créé par Alain de Benoist en 1988. Il est assisté depuis 2003 de Thibault Isabel à la rédaction en chef.
A l'été 1988, Alain de Benoist crée la revue Krisis : « On était en train de changer d'époque. C'était la fin de la modernité, la fin de l'après-guerre. Krisis est une des premières revues postmodernes. Le premier numéro est d'ailleurs sorti un an avant la chute du mur de Berlin ».

Son idée était de créer « une revue de droite et de gauche, d'ailleurs et de nulle part », souhaitant rester fidèle à son principe de "métapolitique", c’est-à-dire à son sens, « la politique vue de loin, le fait de ramener les choses au niveau des principes". "Je voulais favoriser le débat entre les personnes qui n'ont pas l'occasion de débattre entre eux. Par exemple, pour le numéro sur la sexualité, il y avait un face-à-face entre l'éditeur de Sade et Christine Boutin. »

Le texte de présentation du numéro 1 se concluait par ces phrases : « Krisis sera un lieu de débat et de questionnement. On y lira des points de vue différents et souvent opposés. La revue fera largement appel à des personnalités de tous horizons, mais toutes convaincues de la nécessité d'un travail de la pensée. Il s'agit de constituer un lieu où la libre confrontation remplace le choc des intérêts et la guerre des partis pris. Il s'agit de sortir de l'univers de la mode et de la logique de l'exclusion. De subvertir l'axiomatique du rendement par le recours aux idées. De restituer aux événements et aux choses leur dimension de profondeur. De rechercher un dépassement du nihilisme non pas tant au travers de l'Ueberwindung ou de l'Aufhebung hégélienne, mais du côté plutôt de la Verwindung heideggerienne, du surmontement, du s'en remettre. C'est dire que Krisis ne s'intéressera à l'actualité que pour autant que celle-ci s'excédera d'elle-même. Et que sur le plan politique, elle sera de gauche, de droite, du fond des choses et du milieu du monde. Krisis, cela signifie en grec déchirement, jugement, choix, décision. »
En août 2013, à la question "Dans les trois revues que vous avez fondées, Nouvelle ÉcoleÉléments et Krisis, vous arrive-t-il de publier des papiers sur lesquels vous êtes en franc désaccord?", Alain de Benoist répondait: "Bien entendu, et tout particulièrement dans Krisis, qui se définit depuis sa création comme une « revue d’idées et de débats ». J’y publie très souvent, non seulement des textes sur lesquels je suis en complet désaccord, mais aussi des tribunes libres dont les auteurs soutiennent des points de vue parfaitement opposés. Il n’y a que comme cela que l’on peut se forger librement une opinion. Dans son essai sur L’argent (1913), Péguy disait très justement qu’« une revue n’est vivante que si elle mécontente chaque fois un bon cinquième de ses abonnés ». « La justice, ajoutait-il, consiste seulement à ce que ce ne soient pas toujours les mêmes qui soient dans le cinquième. Autrement, je veux dire quand on s’applique à ne mécontenter personne, on tombe dans le système de ces énormes revues qui perdent des millions, ou en gagnent, pour ne rien dire, ou plutôt à ne rien dire. » Ce n’était pas mal vu." 
[...] L’immense majorité des débats se déroule aujourd’hui entre des individus qui affirment partager les mêmes «valeurs». Comme ils tendent à criminaliser les valeurs qu’ils récusent, le débat disparaît de lui-même. En général, ils ne se disputent que sur les meilleurs moyens de parvenir aux mêmes buts. Cela dit, un débat intellectuel n’exige pas seulement que des points de vue opposés soient en présence. Il faut encore que certaines règles soient observées. Que l’on ait assimilé les principes de la disputatio. [...] Le vrai but d’un débat, c’est de clarifier les concepts et de faire progresser le savoir. Cela demande certes de l’érudition, mais aussi un peu d’humilité. Être convaincu d’avoir raison ne doit jamais empêcher de penser que les raisons de l’autre peuvent aussi contenir une part de vérité. Ce n’est pas affaire de tolérance, mais de discernement.

Les propos cités sont ceux d’Alain de Benoist.



Le débat intellectuel dans la revue Krisis




Au fil des divers numéros publiés depuis 1988, les questionnements abordés par la revue Krisis ont été multiples et dépassent le champ du politique ou du métapolitique : Culture? (1),‎ Évolution? (2),‎ Tradition? (3),‎ Société? (4),‎ Nation? (5),‎ Mythe? (6),‎ Morale? (7-8),‎ Communication? (9),‎ Stratégies? (10-11),‎ L’argent? (12),‎ Europe? (13-14), Écologie? (15),‎ Communauté? (16),‎ Sexualité? (17), Travail? (18),‎ Art/Non-art? (19),‎ L’avenir? (20-21), Fédéralisme? (22),‎ Les Grecs? (23), Technique? (24),  Droit?/Non-droit? (25-26),‎ Origine? (27),‎ Politique? (28),‎ Populisme? (29),‎ Psychologie? (30),‎ Droite/Gauche? (31),‎ Gauche/Droite? (32),‎ La guerre? (33-34),‎ Le chaos? (35),‎ Polythéisme/Monothéisme? (36), Religion? (37), Education? (38), Sciences? (39), Identité? (40), Sexe(s)?/Genre(s)? (41), Socialisme? (42), L'Amérique ? (43), Modernité ? (44), Progrès ? (45), Nation et souveraineté ? (46).


Chaque numéro comporte 130 à 250 pages sur un thème central dont l'intitulé est suivi d'un point d'interrogation. Chaque numéro est composé d’une quinzaine d’articles et accorde parfois une place aux débats à plusieurs. Chaque numéro propose également plusieurs entretiens avec des personnalités et un texte de référence ("Le texte") sur le thème choisi. 
On trouvera fréquemment au sein d'un même numéro, des points de vue opposés sur une question (Contre le partage du travail, entretien avec Didier Motchane / Pour le partage du travail, entretien avec Jacques Robin, Krisis n°18: Le travail?)

Un certain nombre d’intellectuels de notoriété internationale ont participé à la revue Krisis, tous venus d'horizons différents, tant sur un plan disciplinaire que géographique ou idéologique. La revue Krisis a pour objectif le débat intellectuel à propos d'enjeux concernant la France ou, plus largement, l'Europe : une page leur est consacrée ("Auteurs publiés"). 


C'est une revue généraliste de haut niveau, indifférente aux modes, qui s’est d’emblée fixé pour but d’aller à l’essentiel.






L'historique des publications depuis 1988



Krisis : Culture ?, Paris (no 1), été 1988
Krisis : Évolution ?, Paris (no 2), 1989
Krisis : Tradition ?, Paris (no 3), 1989
Krisis : Société ?, Paris (no 4), 1989
Krisis : Nation ?, Paris (no 5), avril 1990
Krisis : Mythe ?, Paris (no 6), octobre 1990
Krisis : Morale ?, Paris (no 7), février 1991
Krisis : Morale (2) ?, Paris (no 8), avril 1991
Krisis : Communication ?, Paris (no 9), octobre 1991
Krisis : Stratégies ?, Paris (no 10-11), avril 1992
Krisis : L’argent ?, Paris (no 12), octobre 1992
Krisis : Europe ?, Paris (no 13-14), avril 1993
Krisis : Écologie ?, Paris (no 15), septembre 1993
Krisis : Communauté ?, Paris (no 16), juin 1994
Krisis : Sexualité ?, Paris (no 17)
Krisis : Travail ?, Paris (no 18), novembre 1995
Krisis : Art/Non-art  ?, Paris (no 19), novembre 1996
Krisis : L’avenir ?, Paris (no 20-21)
Krisis : Fédéralisme ?, Paris (no 22), mars 1999
Krisis : Les Grecs ?, Paris (no 23), juillet 1999
Krisis : Technique ?, Paris (no 24)
Krisis : Droit ?/Non-droit ?, Paris (no 25), novembre 2004
Krisis : Droit ?/Non-droit (2) ?, Paris (no 26), février 2005
Krisis : Origine ?, Paris (no 27), novembre 2005
Krisis : Politique ?, Paris (no 28), juin 2006
Krisis : Populisme ?, Paris (no 29), février 2008
Krisis : Psychologie ?, Paris (no 30), juin 2008
Krisis : Droite/Gauche, Paris (no 31), mai 2009
Krisis : Gauche/Droite ?, Paris (no 32), juin 2009
Krisis : La guerre ?, Paris (no 33), avril 2010
Krisis : La guerre ? (2), Paris (no 34), juin 2010
Krisis : Le chaos ?, Paris (no 35), mai 2011
Krisis : Polythéisme ? Monothéisme ?, Paris (n°36), février 2012
Krisis : Religion ?, Paris (n°37), avril 2012
Krisis : Education ?, Paris (n°38), septembre 2012
Krisis : Sciences ?, Paris (n°39), septembre 2013
Krisis : Identité ?, Paris (n°40), mars 2015
Krisis : Sexe(s) ? / Genre(s) ?, Paris (n°41), septembre 2015
Krisis : Socialisme?, Paris (n°42), décembre 2015
Krisis : L'Amérique ? Paris (n° 43), mars 2016
Krisis : Modernité ? Paris (n° 44), juin 2016
Krisis : Progrès ? Paris (n° 45), septembre 2016
Krisis : Nation et souveraineté ? Paris (n°46), janvier 2017




L'évolution de la revue présentée par Thibault Isabel

Rédacteur en chef de Krisis depuis 2003



En mars 2015, Manuel Valls s’en était pris publiquement à notre groupe éditorial dans sa polémique contre Michel Onfray. Les chiens de garde de la pensée unique l’avaient vite rejoint dans ses aboiements intempestifs. Nous étions accusés de «brouiller les repères» et d’effacer les anciens clivages. Renaud Dély, rédacteur en chef du Nouvel Observateur, avait alors traité Krisis de revue «élitiste», qui «complexifie» la pensée. Avoir une pensée «complexe» semble donc être une insulte à ses yeux ; c’est dire dans quel état de déliquescence se trouvent nos médias actuels !

En vérité, nous sommes fiers d’œuvrer depuis près de trente ans à une vaste entreprise de réflexion. Des intellectuels de tous les bords se rejoignent pour dénoncer la mort de l’esprit, la crise de la culture et l’arraisonnement du monde à la logique marchande.

Une nouvelle dynamique est en marche. Après de longues années de parution irrégulière, Krisis a pris à la rentrée 2015 un nouveau départ, symbolisé par l’adoption d’une couverture en couleurs et d’un rythme de parution trimestriel. Autour d’Alain de Benoist, l’équipe de rédaction s’est largement étoffée et a professionnalisé ses infrastructures logistiques. La revue dispose désormais de sa propre plateforme de diffusion -Krisis Diffusion- où sont proposés plusieurs formules d'abonnement, ainsi que les anciens numéros de la revue et quelques livres de nos collaborateurs. Nous espérons développer dans les prochains mois cet espace librairie en ligne avec une sélection plus large de titres.



 Thibault Isabel revue Krisis






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L'historique des parutions


Krisis : Culture ?, Paris (no 1), été 1988
Krisis : Évolution ?, Paris (no 2), 1989
Krisis : Tradition ?, Paris (no 3), 1989
Krisis : Société ?, Paris (no 4), 1989
Krisis : Nation ?, Paris (no 5), avril 1990
Krisis : Mythe ?, Paris (no 6), octobre 1990
Krisis : Morale ?, Paris (no 7), février 1991
Krisis : Morale (2) ?, Paris (no 8), avril 1991
Krisis : Communication ?, Paris (no 9), octobre 1991
Krisis : Stratégies ?, Paris (no 10-11), avril 1992
Krisis : L’argent ?, Paris (no 12), octobre 1992
Krisis : Europe ?, Paris (no 13-14), avril 1993
Krisis : Écologie ?, Paris (no 15), septembre 1993
Krisis : Communauté ?, Paris (no 16), juin 1994
Krisis : Sexualité ?, Paris (no 17)
Krisis : Travail ?, Paris (no 18), novembre 1995
Krisis : Art/Non-art  ?, Paris (no 19), novembre 1996
Krisis : L’avenir ?, Paris (no 20-21)
Krisis : Fédéralisme ?, Paris (no 22), mars 1999
Krisis : Les Grecs ?, Paris (no 23), juillet 1999
Krisis : Technique ?, Paris (no 24)
Krisis : Droit ?/Non-droit ?, Paris (no 25), novembre 2004
Krisis : Droit ?/Non-droit (2) ?, Paris (no 26), février 2005
Krisis : Origine ?, Paris (no 27), novembre 2005
Krisis : Politique ?, Paris (no 28), juin 2006
Krisis : Populisme ?, Paris (no 29), février 2008
Krisis : Psychologie ?, Paris (no 30), juin 2008
Krisis : Droite/Gauche, Paris (no 31), mai 2009
Krisis : Gauche/Droite ?, Paris (no 32), juin 2009
Krisis : La guerre ?, Paris (no 33), avril 2010
Krisis : La guerre ? (2), Paris (no 34), juin 2010
Krisis : Le chaos ?, Paris (no 35), mai 2011
Krisis : Polythéisme ? Monothéisme ?, Paris (n°36), février 2012
Krisis : Religion ?, Paris (no 37), avril 2012
Krisis : Education ?, Paris (no 38), septembre 2012
Krisis : Sciences ?, Paris (no 39), septembre 2013
Krisis : Identité ?, Paris (no 40), avril 2015
Krisis : Sexes / Genres ?, Paris (no 41), septembre 2015
Krisis: Socialisme ?, Paris (no 42), décembre 2015
Krisis: L'Amérique ?, Paris (no 43), mars 2016.
Krisis: Modernité ?, Paris (no 44), juin 2016.
Krisis: Progrès ?, Paris (no 45), septembre 2016.
Krisis: Nation et souveraineté (no 46), janvier 2017.


Le numéro anniversaire: Krisis 40 : Identité ?


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Source des photos:  Eléments N° 155
www.revue-elements.com









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