Natacha Polony parle du livre de Thibault Isabel sur Proudhon



Natacha Polony parle du livre de Thibault Isabel sur Proudhon
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«Quiconque essaye aujourd’hui de remettre en cause les dogmes néolibéraux se voit systématiquement renvoyé à un schéma d’opposition entre libéralisme et communisme. Il n’y a rien nous dit-on entre le monde actuel, c’est-à-dire le libre-échange absolu, et l’Union soviétique, c’est-à-dire le collectivisme. On retrouve là le pendant du vieux binôme «ouverture-fermeture». Sauf qu’il devient du coup intéressant d’aller chercher du côté des figures du socialisme non marxiste, c’est-à-dire de ceux qui portent une alternative véritable. Et c’est pour cette raison que le livre de Thibault Isabel (qui est philosophe et historien des civilisations, rédacteur en chef de la revue Krisis) est très intéressant. Il s’agit d’une biographie en forme de réflexion autour de la pensée de Pierre-JosephProudhon, L’anarchie sans le désordre, ouvrage préfacé d’ailleurs par Michel Onfray, qui se réfère lui-même à Proudhon depuis longtemps. Thibault Isabel défend l’idée d’une démocratie fédérale que Proudhon appelait « anarchie » et qui n’a rien à voir avec l’absence de régulation ou la loi de la jungle. En fait, Proudhon s’appuie sur des individus autonomes. Il se tient du côté des communes plutôt que de l’État jacobin, c’est-à-dire le contraire de ce marxisme ultracentralisé qui va lui faire concurrence. Voilà pourquoi Proudhon a été systématiquement caricaturé par Marx et ses disciples. Il ressort de tout cela une réflexion profondément actuelle. Par exemple sur la critique du libre-échange, sur le protectionnisme, sur la différence entre l’anarchisme proudhonien et le libertarisme des utopistes américains de la Silicon Valley, sur l’enracinement dans la terre et le lien à l’environnement, développements absolument passionnants qu’on ne soupçonnerait pas, et qu’on trouve pourtant ancrés dans la réflexion de Proudhon. N’oublions pas non plus les développements sur l’économie mutuelliste, c’est-à-dire tout ce qui peut recréer et ressouder les liens de solidarité entre les ouvriers. C’est là un véritable programme politique, en fait, qui démontre que le fameux TINA («There is no alternative») brandi par Margaret Thatcher en son temps, et brandi aujourd’hui par les néolibéraux, ne tient pas une seconde!»

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Natacha Polony recommande cette semaine Pierre-Joseph Proudhon, l'Anarchie sans le désordre, paru aux éditions Autrement, un ouvrage de Thibault Isabel.





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